Devenir des fraternités missionnaires

Le 16 septembre, dans une ambiance de fête, nous avons accueilli notre archevêque, Monseigneur Le Gall. Nous étions rassemblés très nombreux pour manifester notre désir de faire ÉGLISE au moment de l’installation d’un nouveau curé. Un curé pour servir un peuple, mais surtout une communauté.

La communauté se construit jour après jour. Nous avons besoin de nous apprivoiser les uns les autres, mais aussi, et surtout, nous avons besoin ensemble de nous nourrir de la Parole et de l’exemple du Christ pour être vraiment les témoins de l’amour de Dieu auprès de ceux qui n’en ont pas encore fait l’expérience.

Il y a beaucoup d’engagements possibles et nécessaires pour la vie de notre communauté et sa mission, mais nous avons d’abord à rendre compte de l’espérance qui est en nous, là où nous sommes, en famille, avec les voisins, à l’école ou au travail et dans les différentes associations.

Les orientations pour les années à venir qui nous sont communiquées depuis quelques semaines vont dans ce sens : « des fraternités missionnaires dans des communautés de proximité ».

L’ensemble paroissial de Saint-Orens unifié par le père Bernard est encore tout jeune avec ses huit clochers. C’est un défi de croire et d’espérer que le Seigneur veut pour cette banlieue des communautés ouvertes, accueillantes et priantes, dans lesquelles de petites fraternités pourront naître.

Le nouveau pasteur que je suis s’émerveille de la vitalité priante et joyeuse des messes du dimanche. Je suis plein d’espérance pour aborder la mise en place de ce projet. Cela prendra du temps et demandera de la persévérance, mais si nous sommes convaincus qu’ainsi nous réalisons l’œuvre de Dieu, cela ne peut que se réaliser.

Dimanche après dimanche, nous sommes invités à nous rassembler pour l’Eucharistie dans des pôles stables. À la fin de la célébration, le prêtre dit : « Allez la messe est dite », « Allez dans la paix du Christ ». Notre vocation, notre mission est d’aller partout.

Une nouvelle EAP (Équipe d’Animation Pastorale) sera envoyée en mission le dimanche 10 décembre. Notre désir est de répondre présent à l’appel de l’évêque : mailler le territoire, tisser du lien, des liens pour que naissent des petites fraternités missionnaires de proximité.

Je vous invite, vous qui goûtez et vivez de la parole de Dieu et de l’Eucharistie, à redonner vie dans les quartiers, les villages, les lieux de travail, etc., à vous retrouver dans les églises ou les maisons pour vivre fraternellement et prier.

Ainsi, petit à petit, des noyaux, des cellules seront visibles et fécondes parce que présentes, une présence habitée, signifiante.

C’est à nous, chrétiens d’aujourd’hui, d’être pour le Seigneur, proches des enfants, des jeunes, des femmes et des hommes qui vivent à côté de nous, en partageant leurs joies et leurs peines, et en les confiant à Dieu dans une prière personnelle et communautaire. « J’avais faim… J’étais en prison… J’étais nu… »

Le premier des sacrements, c’est l’Église

Jésus nous invite dans l’évangile de Saint Matthieu à prendre du temps pour être l’oreille de ceux qui ont besoin de dire, de se dire ; prendre encore du temps pour être la voix de ceux qui ont besoin d’une parole humaine, fraternelle, mais aussi empreinte d’espérance ; être la main de celui qui a besoin d’être accompagné.

Même si toutes nos églises ne peuvent vibrer comme autrefois par nos chants et la célébration des sacrements, nous ne pouvons pas oublier que le premier des sacrements c’est l’Église, signe du Christ présent et agissant en nos vies et dans notre monde par l’Esprit Saint donné et reçu par les disciples au jour de Pentecôte.

Le premier sacrement, le premier signe, c’est celui que l’on appelle le sacrement du frère : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux. »

En chaussant les lunettes de la foi, chaque rencontre que nous vivons devient sacramentelle.

C’est à ce sacrement que nous sommes appelés en nous engageant à susciter, créer des petites fraternités missionnaires de proximité.

En ce début d’année liturgique, premier dimanche de l’Avent, nous sommes invités à « avancer en eaux profondes », à nous jeter à l’eau et aller à la rencontre du frère ou de la sœur dans nos milieux de vie.

Ainsi, nous allons servir le projet de Dieu.

Père Daniel Brouard Derval
Curé de l’ensemble paroissial de Saint-Orens