Odars

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Saint Papoul et Notre-Dame

Après le cruel supplice de saint Saturnin (saint Sernin) vers l’an 280, son premier disciple, saint Papoul, entrepris d’évangéliser le comté de Lauragais. Ce dernier reçu la couronne du martyr dans la ville même qui a retenu son nom et qui conserve une grande partie de ses reliques. Odars ayant été l’une des peuplades évangélisée par ce saint, elle le choisit comme patron.

Dans le répertoire des actes de l’église Saint-Étienne, on lit : « Le 3 juin 1520, messire de Noguières, chanoine et syndic de l’église de Saint-Étienne, prend au nom du chapitre possession des églises de Saint-Papoul, et de Notre-Dame d’Odars. » Ce qui prouve l’ancienneté de ces deux sanctuaires construits entre le XIe et le XIVe siècle. Notre-Dame d’Odars qui était la chapelle du château a été dédiée à la Sainte Vierge par amour de la population pour la Reine du Ciel.

L’église paroissiale de Saint-Papoul fut vendue à la révolution de 1789 et en septembre 1794 et démolie par l’acquéreur, le vicomte de Juillac, car elle était située au milieu de son domaine.

L’église de Saint-Papoul possédait une statue de Marie portant dans ses bras son divin enfant. Quand les pieuses femmes apprirent la vente de l’église et sa démolition, la crainte que leur sainte protectrice soit profanée leur donna le courage de l’enlever et de l’enfouir dans la terre.

L’église Notre-Dame fut livrée aux petits bien-tenants, qui la transformèrent en grange commune. La statue de la vierge fut respectueusement conservée par les habitants. En 1795, date de la proclamation de la liberté des cultes, l’église de Notre-Dame devint l’église paroissiale et la statue de la Vierge, jusqu’à ce moment cachée, prit possession de sa niche creusée dans le mur en face de la chaire.

L’abbé de Seguin, prêtre libre, et curé d’Odars en septembre 1803, fit construire à ses frais une chapelle à droite de la nef. Il la dédia à la Vierge.

Quarante années plus tard l’église fut entièrement transformée par la construction d’une majestueuse voûte formant quatre travées et éclairée par quatre verrières. Une seconde chapelle, construite à gauche donna à ce monument la forme d’une croix latine. Elle fut dédiée à saint Papoul.

odars (1)L’édifice est remanié en 1845 par l’architecte Monsieur Touvier. Le clocher-mur est reconstruit. Abritée sous un porche fermé, l’entrée est surmontée d’un arc de plein cintre de tradition encore romane. Il est constitué de deux rouleaux de briques qui devaient retomber sur des colonnettes aujourd’hui disparues.

Cloche et carillonneur

La cloche du XVe siècle, en bronze, est la plus ancienne du canton. Elle provient probablement de l’ancienne église Saint-Papoul. Dans le mur-pignon de l’édifice subsiste la trace de la baie campanaire où elle était suspendue depuis la révolution. De peur qu’elle soit fondue pour faire des canons, la moyenne cloche a été classée monument historique le 30 octobre 1914. La paroisse a utilisé les services d’un carillonneur jusqu’en 1980.

Croix et reliquaires

odars (2)Croix de mission 1864 en fer et fonte (Maison Girard, Fondeur à Toulouse). À cette place, en face de la chaire, se trouvait autrefois une statue en pierre représentant la vierge, placée aujourd’hui dans la chapelle de la Vierge. Cette croix monumentale est érigée grâce à un legs de l’abbé Adolphe de Juillac, chanoine titulaire du diocèse à la fin d’une mission prêchée par le Père Régis, peu après la mort du chanoine. Notre-Dame d’Odars est la seule église a avoir une telle croix à l’intérieur. Elles sont en effet toujours placées à l’extérieur.

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Reliquaire en bois doré du XIXe; siècle. Une relique est une partie du corps d’un saint personnage ou objet ayant été à son usage ou ayant servi à son supplice. L’église possède plusieurs reliquaires et le plus ancien date du XVIIIe siècle. C’est en 1853 que l’abbé Adolphe de Juillac (1799–1862) est chargé de ramener de Rome un certain nombre de reliques et de les présenter dans la cathédrale de Toulouse. Il est autorisé à prélever un fragment de chacune d’elles pour l’église de Notre-Dame d’Odars. Voilà pourquoi est inscrit au fronton de la voûte : « Autel privilégié ». Elle est le sanctuaire le plus riche du département avec 212 reliques après l’abbatiale Saint-Sernin et la cathédrale Saint-Étienne.

Amicie Allèned’après Claret François et Besson Michel, Le patrimoine des communes de la Haute-Garonne, 2000