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Orens ou Orient est né à Huesca, en Aragon (Espagne) vers 370, dans une
famille noble : son père gouverneur d’Urgel et sa mère très pieuse.
Averti par un ange du destin politique que lui réservait sa famille, il
se retira dans une grotte de la vallée du Lavedan près de Tarbes.
La réputation de sa sainteté attirait les foules vers sa retraite qu’il
voulait de plus en plus solitaire « Les herbes étaient sa viande, l’eau sa
boisson, sa maison un antre, le ciel son toit, la terre son lit et un rude
cilice comme vêtement, les reins ceins d’une chaîne de fer. » (d’après un de
ses premiers biographes).
En 410, une délégation du clergé et du peuple d’Auch vint le chercher
pour le proclamer évêque. Il pria le Seigneur de lui faire connaître sa
volonté. « Aussitôt, le bâton qu’il tenait à la main prit racine, étendit
ses rameaux et se couvrit d’un vert feuillage. »
Orens accepta alors sa nouvelle fonction. Il s’attacha à libérer la
région du paganisme. Son talent, sa piété et ses miracles nombreux le firent
choisir par Théodoric Ier roi des Wisigoths Ariens vers 438 pour intervenir
comme ambassadeur dans le conflit qui l’opposait aux Romains.
(Recherches menées par MM. Berdou et Péré)

En 438, les Romains fiers et sûrs de leur force, rejetèrent avec mépris
les propositions de paix des Wisigoths. Théodoric Ier, leur roi,
envoya Orens, évêque d’Auch en ambassade et attribua sa victoire aux prières
de ce saint qui ne cessait d’implorer le secours du ciel contre les Romains.
Litorius, général Romain, lança l’attaque contre Toulouse. Un nuage épais
s’éleva et l’entoura. Il s’avança imprudemment jusqu’aux portes de la ville
(faubourg Saint-Michel) et fut fait prisonnier. Couvert de blessures, les
mains liées, il entra dans Tolosa où on le fit mourir comme le plus lâche
des soldats.
Aece, autre général Romain, qui avait été plus respectueux avec Orens se
retira sain et sauf avec son armée.
Depuis ce miracle, notre saint fut célébré dans toute la région et la
population lui voua un véritable culte. Chaque année, une procession s’est
faite en son honneur, pendant de longs siècles et tous les Capitouls y
assistaient. En hommage à ce grand saint, la tradition veut que l’église de
Saint-Orens ait été bâtie sur le site même de la bataille menée par les
Capitouls.
À sa mort, le 1er mai 439, saint Orens fut enseveli à Auch
dans l’église Saint-Jean-de-l’Aubépine qui prit son nom.
Pour en savoir plus sur saint Orens,
cliquez
ici

Aucune date officielle ne permet d’établir avec certitude l’origine des
communautés de notre territoire.Depuis le VIe siècle, quelques familles
vivant dans des cabanes dispersées, se sont regroupées autour des points
d’eau, de la richesse du terrain et du gibier.
C’est ainsi que se formèrent les trois communautés de Cayras,
Lentourville et Gameville. Elles prirent comme protecteur celui qui avait
vaincu les Romains : Orens évêque d’Auch.
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SAINT-OR(AN) comme les « anciens » (et comme les Gersois) ou
comme les « nouveaux », SAINT-OR(INS) comme Saint-Gaudens. D’après
les recherches effectuées par Monsieur Founaud, secrétaire général
honoraire de mairie, la première prononciation est la bonne.
Prononçons donc SAINT-ORAN. |

La formation d'une communauté est l’œuvre de plusieurs siècles et non
celle d'une époque précise.
« Sur chaque grande terre dont l'exploitation prospérait, les cabanes des
hommes de travail croissaient en nombre, se peuplaient davantage, arrivaient
à former un hameau. Ils continuèrent à grandir et devinrent des villages où
l’on y trouvait tous les métiers nécessaires à la vie commune. Bientôt la
construction d'une église érigeait le village en paroisse, et la nouvelle
paroisse prenait rang parmi les circonscriptions rurales. » ( A. Thierry -
Histoire du tiers état - page 18)
- 1520 Communauté de Cayras : 39 habitations + 54 propriétaires
- 1550 Communauté de Gameville : 62 habitations + 86 propriétaires
- 1567 Communauté de Lantourville :27 habitations + 33 propriétaires
- En 1582, ces trois communautés appartiennent à la viguerie de
Toulouse et font partie des 161 communautés qui composent le diocèse de
Toulouse.
- Vers 1640, elles appartiennent au gouvernement du Languedoc.
- Le 3 avril 1790, elles ne forment plus qu'une seule commune, celle
de Saint-Orens-de-Gameville et sont comprises dans le département de la
Haute-Garonne, la France comptait 83 départements.


- 1088, un hôpital et un monastère sont construits dans la vallée de la Marcaissonne sur
l'emplacement de la vieille église abandonnée.
- 1157, sur ce site, les Capitouls font bâtir une église gothique avec sa
porte médiévale, en souvenir d'Orens, évêque d'Auch.
Entre le XIIe et le XVIe siècle, construction de la voûte, des chapelles et
du clocher avec trois cloches.
- 1789, deux cloches ont disparu.
- En 1806, le presbytère est loué avec ses dépendances pour une durée de 18
ans.
- De 1789 à 1819, nombreuses et onéreuses réparations de l'édifice. La commune
vend trois terrains communaux pour ces réparations.

- En 1840, le curé Demur propose de démolir l'église et de la reconstruire au
centre du village en réutilisant les matériaux. Projet non accepté...
- En 1844, la cloche est cassée, achat d'une nouvelle de même dimension.
- En 1883, le carillonneur n'est plus payé par les quêtes mais par la commune
(100 F par an). Il sonnait à la pointe du jour, à midi et le soir à
l'angélus, tous les jours de l'année.
- En 1903, construction du nouveau presbytère : 13 628,18 F.
- En 1975, construction de l'église de Catala, puis de la salle du Corail en
1980.
- En décembre 2001, réception des travaux du Centre Paroissial de Secteur.


Vous
verrez souvent sur notre site Internet, la croix ci-contre. C’est notre
logo de référence.
Cette croix est visible au sommet de l’église (XIIe siècle) de
Saint-Orens. Elle se trouve aussi au milieu du rond-point de l’avenue qui
descend vers l’église. Elle est également inscrite dans le vitrail du choeur
de la même église. Cette croix est répertoriée.
Cette croix situé au-dessus de l'église Saint-Orens est répertoriée et donne
de la valeur à l'église.
Sur les bras de la croix, nous voyons le glaive et l’éponge. Ces deux
éléments figurent dans la Bible lors des événements de la Passion et de la
mort du Christ. Nous trouvons les textes dans l’Évangile de saint Jean :
19/28-35.

Il circule au sujet de la construction de l’église de Saint-Orens, une
légende.
L'entrepreneur se voyant dans l’impossibilité de livrer l’édifice au terme
fixé d'avance, conclut avec Satan un pacte, en vertu duquel ce dernier
s’engageait à terminer l’édifice le jour même, avant que le coq eût chanté,
se réservant de prendre la vie à un des enfants de l'ouvrier. Le coq ne
chantait pas et l'église allait être terminée. Trois briques seulement
manquaient au sommet du clocher. L’entrepreneur, réveillant sa basse-cour,
réussit à faire chanter le coq et Satan s’enfuit, abandonnant son ouvrage.
L’église put être livrée, sans qu’il en coûtât la vie à personne. Longtemps
après, aucun maçon n’avait pu placer les trois briques qui manquaient.
De nos jours (1890), il nous a été permis de constater que, posées depuis de
longues années, elles paraissent aussi solidement installées que les autres.
L'église que nous connaissons n'a rien de commun avec celle qui existait au
XIIe siècle. Elle fut construite sur le site de l'ancienne entre le XVe et
XVIe siècle.
Le plan de l’église est simple, avec un vaisseau unique se terminant en
hémicycle au niveau du chevet. Le portail gothique avec un arc brisé à trois
voussures est typique de la région. L'édifice est entièrement voûté à
l'exception de son porche à charpente de bois sans doute ultérieur.
Dans l’ordre de construction : La nef, plus tard la voûte, puis les
chapelles et ensuite le clocher maintes fois remanié en forme d'éventail,
percé de cinq ouvertures et trois cloches.

Sur le livre Patrimoine des communes de la Haute-Garonne, l'église
est appelée « église Saint-Antoine ». La peinture murale du XVIIIe siècle
fut faite en l'honneur de ce saint.
Dans Saint-Orens mon village, Guilhem Castagné relève sur le
dictionnaire topographique de la Haute-Garonne (page 2 539 et 2 540)
l'explication suivante :
« Saint-Orentiens, Orientius (1088-1157) doit son origine à un hôpital pour
les pauvres et les infirmes. Cette construction est conseillée par Isarn
évêque de Toulouse (1065) à la dévote Emerie. elle fit construire cet
hôpital et un monastère. Quelques Seigneurs de voisinage lui adjoignirent
l'église de Saint-Orens qui était abandonnée. Cet ensemble existait
encore en 1157. »
L'ascension de saint Antoine est représentée sur la voûte de l'église. Le
saint est figuré sur des nuées, les yeux levés vers Dieu le Père qui
l’accueille. Il est soutenu par deux anges accompagnés de cinq angelots
tenant la Bible, la mitre et la crosse. Les trois figures centrales sont
vêtues de riches vêtements aux couleurs bleues, roses, jaunes et vertes pour
le revers du manteau du saint. La lumière un peu dorée souligne les ombres,
nacre les blancs et cerne un peu les personnages. Sur la voûte des angelots
tiennent des phylactères présentant des vertus : chasteté, obéissance,
humilité, force, mortification, prudence et prière.
Amicie Allène, Laffon F.-G., L'histoire de saint-orens-de-gameville,
1890

Dès 1759, les diocèses trouvent des impositions annuelles en faveur des
établissements de charité.
Le 15 février 1771, le roi autorise les états du Languedoc à faire un
emprunt pour ouvrir un bureau de charité : donnant du travail aux pauvres
pour un salaire minime (entretien des routes, curer les fossés).
En 1788, le prêtre M. Pouilhé fait une donation aux pauvres de Saint-Orens
(rente annuelle de 100 francs).
Le 3 juillet 1791, le Conseil municipal vote une somme (120 livres) pour
le traitement d'un chirurgien avec obligation de soigner tous les indigents
de la commune.
En 1818, création d'un bureau particulier de charité avec une commission
composée du maire, du curé et de quatre membres.
En 1848, Mademoiselle Rouget lègue à la fabrique de l'église de Saint-Orens
la somme de 2 000 francs « pour être distribuée par les mains de monsieur le
curé aux pauvres et infirmes de la commune. »
En août 1856, le préfet propose à notre commune la création d'un poste de
médecin cantonal pour les indigents (couvrant seize communes), mais le conseil
refuse car Saint-Orens a déjà un médecin qui habite sur place.
En 1858, création de la pension de vieillesse agricole (un centime par
habitant).
Le 24 janvier 1865, le testament du sieur Cammas laisse une somme de 400
francs pour les pauvres.
Le 7 septembre 1874, M. Couder, lègue une rente annuelle de 30 francs pour
les indigents.

Le 21 août 1826 naquit Augustin Antoine LABOUILHE fils unique d'un capitaine
en retraite (54 ans) et de Bertrande Cammas (34 ans). Célibataire, très
pieux et charitable, il se trouve à la tête d'une importante fortune, à la
mort de ses parents et de son oncle.
En 1867, très malade, il déposa son testament olographe chez Maître Debèse à
Toulouse :« J'institue, héritière de tous mes biens, la commune de Saint-Orens...
Il sera élevé à la métairie de l'église, un hospice destiné à recevoir les
vieillards des deux sexes après l'âge de 60 ans ainsi que les infirmes... Il
sera servi de préférence par des Soeurs de Saint-Vincent-de-Paul. Si les
revenus sont suffisants l'on admettra les vieillards de Lauzerville et
ensuite de Castanet. Le choix sera fait par le maire sur présentation du
curé. L'on devra faire dire dans l'église de Saint-Orens deux messes par
semaine auxquelles assisteront quelquefois les pauvres. »
En 1870, la dame Serac, parente de Monsieur Labouilhe fait opposition au
testament. Le 15 novembre 1873, n'ayant pu fournir ses titres de famille, le
consul rejette sa demande. C'est alors que le conseil se préoccupe du lieu
où sera construit l'asile. On propose un terrain se trouvant sur le chemin
de Querqueille. La dame Montarieu née Dralet, héritière naturelle de M.
Labouilhe, rappelle la précision de l'emplacement souhaité par le défunt (la
métairie).
Le 8 août 1874, le conseil central d'hygiène donne son accord pour la
construction sur ce lieu.
Le projet élaboré par l’architecte Monsieur Laffon est bien orienté et donne
toute satisfaction.
Deux entrepreneurs du village réalisent les travaux. Ils connaissent de
nombreux déboires (pénurie d’eau, éloignement du sable et des briques).
C’est à cette occasion qu’est construite la briqueterie, en août 1877,
quartier de Cornac. On procède au tracé des jardins, à la plantation du
terrain annexe à l’asile et à la construction d’une clôture surmontée d’une
grille. La fondation de l’hospice a lieu en 1881.
À son ouverture, il est géré par quatre sœurs de Saint-Vincent-de-Paul aidées par
un infirmier, une infirmière et un jardinier. L’établissement a quarante
lits en dortoir où hommes et femmes vivent séparément.
Toute personne valide doit travailler : les hommes au jardin, les femmes à
la cuisine, au ménage, à la couture.
Règlement intérieur en 1882 :
« Les vieillards se lèveront à 5 heures du matin et se coucheront à 8 heures
du soir du 13 avril au 15 septembre. Du 16 septembre au 12 avril, lever à 6
heures du matin et coucher à la dernière heure du jour. Les visites ont lieu
les jeudi et dimanche. Il est interdit de porter des boissons ou comestibles
aux vieillards. Les sorties ont lieu le jeudi et l’on doit rentrer à heure
fixée. Il est interdit d’apporter liqueur ou autre sous peine d’être privé
de sortie pendant 3 mois. Défense de mendier sous peine d’être privé de
sortie pendant 3 mois. L’ivresse, l’inconduite peuvent être cause de
renvoi. »
Quelle est la consommation courante ? À titre d’exemple, l’inventaire du
stock en janvier 1883 : « 87 pains, 425 l de vin, 75 l de lait, 60 kg de
bœuf, 4 l d'huile, 40 kg de café, 2 kg de chocolat, 10 kg de sucre, 9 kg de
fromage, 8 kg de morue, 7 kg de prunes, 15 kg de figues, 9 kg de résine, 4
kg de vermicelles, 3 kg de macaronis, 1 kg de tapioca, 5 kg de riz, 25 kg de
sel, 2 kg de beurre, 150 oranges, 1,500 kg de poivre et épices, 10 kg de
haricots, 10 kg de lentilles, 1/2 baril de harengs, 50 kg de pomme de terre,
6 kg de cristaux, 8 kg de savon... » Les vieillards perçoivent gratuitement
du tabac de troupe pour fumer et priser.
En février 1930, la pension est de 350 francs par mois.
En 1968 les religieuses regagnent leur maison-mère et cet hospice devient un
établissement public dirigé par des laïcs et prend le nom de Maison de
Retraite.
En 1970 le bâtiment est rehaussé d’un étage et comporte alors 72 chambres
individuelles.
En 1983 une stèle en souvenir de Monsieur Augustin Labouilhe est inaugurée à
l’entrée de l’établissement.
Amicie ALLENE d'après LAFFON
F.-G., CASTAGNÉ G., Saint-Orens mon village, 1982.

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